L’approvisionnement en matières critiques en Europe pour les industries du futur


Le pôle AVENIA est fier d’avoir coorganisé avec la Représentation de la Région Nouvelle-Aquitaine à Bruxelles, un événement à l’échelle européenne, ayant eu lieu en présence dans la capitale belge le 29 septembre 2021, pour mettre en avant la chaîne d’approvisionnement en matières premières critiques pour les industries, avec l’exemple de la filière lithium pour les batteries.


La matinée s’est déroulée en deux étapes. Une première partie de présentations par des représentants de la Commission européenne pendant laquelle les différentes DG ont détaillé les cibles et les objectifs sur le sujet, ainsi que les priorités thématiques actuelles des alliances « European Battery Alliance » (EBA) et « European Raw Materials Alliance » (ERMA). S’en est suivi un second temps de présentations d’initiatives menées par les Régions européennes : les régions Nouvelle-Aquitaine (France), Nord & Centre Portugal, Galice (Espagne), Norrland (Suède) et Cornouailles (UK). Celles-ci nous ont exposé leurs accomplissements, leurs actions futures et les points de blocage qu’ils rencontrent.


Cet évènement avait comme objectif d’initier des collaborations entre régions européennes pour mener des actions conjointes de plus grandes ampleurs, en lien avec les ambitions européennes.


Pourquoi cet événement de lancement ?


Le lithium est utilisé pour divers emplois, comme par exemples pour les batteries, les verres & céramiques, les graisses lubrifiantes, la métallurgie, les polymères, pour le traitement de l’air, la fusion thermonucléaire, mais aussi pour le domaine médical. De ce fait, la demande en lithium est devenue très forte. Sa consommation a doublé en 10 ans et on estime qu’à partir de 2025, la demande en lithium augmentera de 18 % par an.


Si on considère le seul exemple français, le sous-sol regorge d’importantes ressources en roches et minéraux industriels, dont le lithium. Ce métal est notamment présent dans le Massif Central et le Massif Armoricain associé à des granites et pegmatites à métaux rares (Beauvoir, Tréguennec, Prat-ar-Hastel, Montebras, Richemont, le Brunet). Grâce à ses ressources, en complément des ressources présentes dans les saumures géothermales et issues du recyclage, la France pourrait devenir autonome et limiterait donc l’importation de matières premières. La France possède encore la main-d'oeuvre qualifiée, les compétences R&DI nécessaires et des possibilités d’installation de pilotes industriels avec ses acteurs de pointe comme par exemple Eramet Ideas, le BRGM, l’Université de Lorraine et Orano.


Plus largement au niveau de l’Europe, des ressources en roches (i.e. pegmatites à spodumènes) et en saumures lithinifères sont connues. Même si des projets sont en développement pour valoriser le lithium dans les eaux, les ressources européennes de lithium en roche2 ne sont actuellement que très peu exploitées faute de procédé industriel adapté pour traiter certains minéraux de lithium. Néanmoins, plusieurs projets européens et initiatives sont en cours pour promouvoir la production primaire de lithium comme EuGeLi, ou encore le projet H2020 « GeoERA FRAME ». Mais aussi des projets d’usines de batteries afin de bâtir un « Airbus des batteries », qui ne pourra pas prospérer sans une plus grande autonomie européenne sur la chaîne d’approvisionnement en lithium et autres métaux critiques.


Néanmoins, une telle ambition a ses inconvénients, comme le coût des procédés. Pour autant, une filière lithium en France est plus que nécessaire puisqu’en effet, à ce jour la France importe quasi 100 % de ses besoins en métaux pour l’industrie. Il y a, en conséquence, un besoin de relocalisation, de réindustrialisation et de maîtrise des approvisionnements en métaux.


Le plan d’action de la Commission européenne sur les matières premières critiques prévoit d’ouvrir des mines responsables et d’implanter des usines de transformation à l’échelle européenne. Ceci permettrait une meilleure autonomie de l’Union européenne et limiterait les émissions de CO2 liées au transport de ces matières premières venant du bout du monde. Ainsi, être autonome au niveau national et/ou européen participerait non seulement à une empreinte carbone moindre, mais aussi au développement territorial, régional.


L’opportunité de la transition énergétique, ainsi que les tensions géopolitiques actuelles sur les chaines d’approvisionnements pour les matières premières minérales critiques nécessaires au développement des technologies bas carbone et numérique, sont autant de facteurs favorables pour la relocalisation de la production primaire de ces ressources minérales en Europe. La transition énergétique nécessite de l’innovation pour l’extraction de ces ressources minérales, à la fois pour optimiser les procédés existants en les rendant moins nocifs pour l’environnement et pour développer de nouvelles méthodes d’exploitation socialement plus acceptable. L’activité de recherche générée, en lien avec le monde académique et industriel, deviendrait alors un levier de croissance très important pour l’ensemble de la filière à l’échelle de l’Europe. C’est pourquoi le pôle AVENIA lance la structuration d’une filière lithium durable, en créant un consortium pour le traitement de minéraux de lithium dans un premier temps et avec l’intention de développer une filière d’approvisionnement primaire locale en métaux critiques au sein de l’UE.


Le lancement, à Bruxelles, de l’initiative de création d’une filière lithium (et autres métaux critiques) durable en Région Nouvelle-Aquitaine, fut un succès. Elle présente l’intérêt d’être intégrée à une stratégie de sécurisation nationale des approvisionnements et, au sein de l'UE, pour répondre à la demande croissante en métaux pour les technologies de la transition énergétique et numérique. Le contexte actuel, ainsi que les axes de réflexion et les verrous à lever ont bien été explicités par les DG présentes. Les régions présentes ont complété cet état des lieux en partageant leurs projets en cours au niveau local, leurs succès mais ont aussi partagé avec les représentants de l'UE des problèmes qu'elles peuvent rencontrer et des solutions que pourraient leur apporter l’UE à un niveau supranational.

L’événement a généré beaucoup d’enthousiasme et tous attendent la suite ….

La réunion de suivi qui a été annoncée pour fin novembre 2021 suscite beaucoup d'intérêt, également de la part des personnes qui n'ont pas pu venir ce mercredi 29 septembre et qui ont d'ores et déjà manifesté leur envie de ne pas la manquer.


Pour plus d’informations ou pour rejoindre cette initiative, vous pouvez contacter Jérôme GOUIN (jerome.gouin@pole-avenia.com) ou Emmanuelle ROBINS (emmanuelle.robins@pole-avenia.com)

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